Les Amis du Musée de la Pêche

21 août 2017

Clap de fin du Village de la mer des Filets bleus 2017

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 Les animateurs du Village de la mer du Festival des Filets bleus 2017: le groupement des mareyeurs, les Amis du Musée de la pêche, le Marinarium, les conchyliculteurs, les représentants des patrons et marins pêcheurs.... Ambiance!

 

Les portes du Village de la mer du Festival des Filets bleus (29) se sont refermées dimanche 20 août, à 20 heures, juste après le traditionnel triomphe des sonneurs. Durant cinq jours, les administrateurs de l'association des Amis du Musée de la pêche ont fait largement leur part. Ils ont animé avec brio, ferveur et bonne humeur, les ateliers "matelotage", "épissure" et "coloriage",  plébiscités par les milliers de visiteurs du village. A l'issue d'une semaine épuisante mais enjouée, Michel Kerscaven, responsable de l'événement promotionnel et Annick Martin, responsable de la communication du Festival ont tenu à remercier notre association pour son importante implication (10 heures de présence chaque jour). Promotion du Musée de la pêche de Concarneau a été faite. Retour en images...

 

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 Michel donne des cours de matelotage à la reine des Filets bleus.

 

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 Rosa, "madame café" et Jacques. Chaque jour, les bénévoles du Village de la mer venaient chercher leur café "chez Rosa".

 

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La secrétaire Sophie donne de sa personne en faisant de la pub pour Pavillon France. 

 

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 Coucou, c'est qui? Bon, c'est vrai! Nous nous sommes bien amusés durant cinq jours.

 

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Les deux Jacques, très sérieux...

 

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 Qui sera la reine des Filets bleus l'année prochaine? Annie ou Rosa?

 

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Le mot (visage) de la fin revient à Michel. Durant cinq jours, il fut l'un des principaux animateurs du stand des Amis.

 

 

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20 août 2017

Les Amis du Musée au Festival des Filets bleus

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Explications de texte...

 

Jusqu'à ce soir (dimanche 20 août 2017), 20 heures, l'association des Amis du Musée de la pêche tient un stand d'information au Village de la mer du Festival des Filets bleus, à Concarneau. Au programme: atelier "matelotage" et "épissure", coloriage pour les enfants, diffusion de documentaires sur la pêche. Et tout cela dans la bonne humeur et une excellente ambiance entre les différents partenaires et acteurs de l'événement. Passez nous voir sous le chapiteau! A bientôt.

 

 

 

28 juin 2017

Les 60 ans de l'Hémérica: Un anniversaire réussi

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 Le chalutier l'Hémérica, point d'orgue de la visite du Musée de la pêche.

 

Les 60 ans de l'Hémérica ont été célébrés en grandes pompes, durant six jours, du 20 au 25 juin 2017. Plusieurs adhérents de l'Association d'Amis (AAMP) ont tenu une permanence au Musée de la pêche à cette occasion. En particulier, Michel Quentel et son épouse Rosa. Ancien marin pêcheur, originaire de Concarneau, Michel a animé des ateliers de matelotage et des visites guidées du chalutier classique à pêche latérale. Des rendez-vous qui ont beaucoup intéressé les visiteurs, curieux de la vie quotidienne à bord d'un bateau de pêche et friands d'anecdotes. 

 

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Michel Quentel fait découvrir aux visiteurs la cale aux poissons.

 

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Initiation à la lecture d'une carte marine.

 

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Atelier matelotage.

 

Une vingtaine de membres et administrateurs des AAMP ont participé, le vendredi 23 juin 2017, à la fête d'anniversaire de l'Hémérica, en présence du président de la communauté d'agglomération (CCA), André Fidelin; de la conservatrice en chef Estelle Guille des Buttes et de la conseillère "Musées" de la DRAC, Evelyne Schmitt. Dans son discours, la présidente des AAMP a rappelé que l'association avait financé intégralement un dispositif de visite virtuelle 3D du chalutier (coût: 4.800 euros) conçu par l'EESAB de Rennes, destiné notamment aux personnes à mobilité réduite. Disponible le soir de l'inauguration et le dernier jour de la célébration des 60 ans, les visiteurs du musée ne pourront le découvrir, à nouveau, qu'à la fin de l'été pour des raisons techniques.

 

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 La présidente de l'association d'Amis lisant son discours, le soir de la célébration des 60 ans.

 

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L'Hémérica en chocolat et en gâteaux. Une oeuvre signée Georges Larnicol. Miam!...

 

 

19 mai 2017

Plongée exceptionnelle au coeur du Musée océanographique de l'Odet

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 Les Amis du Musée de la pêche découvrent les premières salles du Musée océanographique de l'Odet dédiées aux crabes et coquillages.

 

A l'invitation d'Anne Bolloré-Laborde et de son cousin Vincent Bolloré, une trentaine d'adhérents des Amis du Musée de la Pêche (AAMP) ont découvert, le samedi 6 mai 2017, le Musée de l'Odet (merveilleux cabinet de curiosités) fondé, en 1962, par Gwen-Aël Bolloré passionné par l'exploration. Une visite exceptionnelle, commentée par Nadia Ameziane, directrice de la Station de biologie marine de Concarneau et Lionel Feuillassier, responsable du Marinarium, invités par l'association en "guest stars". 

 

(Pour contacter les AAMP: amismuseedelapeche@gmail.com)

 

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 Nadia Ameziane, Aïcha Badou et Lionel Feuillassier, de la Station de biologie marine de Concarneau et Annie Péron, ancienne responsable du Marinarium.

 

 

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 Le vice-président des AAMP, Jacques Maigret (à gauche), ancien conservateur du Musée des Arts et Métiers de Paris.

 

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 Le Musée océanographique de l'Odet est un formidable cabinet de curiosités.

 

 

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Lionel Feuillassier, comparerait-il son nez avec le rostre des espadons?...

 

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Nadia Ameziane est une spécialiste des échynodermes (oursins, concombres de mer, crinoïdes...).

 

 

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 Des étoiles de mer en grand nombre dans les vitrines de l'Odet.

 

 

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Impressionnant!...

 

 

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 La photo de famille des Amis du Musée de la pêche.

 

 

 

Portrait et parcours du docteur Jean-René Bolloré

 

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Les Amis du Musée de la pêche au coeur du Musée océanographique de l'Odet, en mai 2017

 

La journée passée, le samedi 6 mai 2017, par les Amis du Musée de la pêche (Concarneau) à Odet, à l’invitation de Vincent Bolloré, président de Bolloré Technologies, nous incite à tracer le portrait d’une personnalité liée à la fois à Concarneau, à la mer et aux papeteries Bolloré installées sur la commune d'Ergué-Gabéric (29): le Docteur Jean-René Bolloré (1818-1881)

 

Le père de Jean-René Bolloré était patron de pêche à Douarnenez, mais, bien que tous deux soient nés à Quimper, ils comptaient derrière eux au moins cinq générations de Concarnois. Jean-René Bolloré naît en 1818  Au décès de sa mère, son père se remarie, et le jeune garçon aura trois sœurs. En 1837, il est reçu bachelier ès lettres au mois d’août. Le moment de choisir une carrière est arrivé. Le jeune homme est attiré par la médecine, mais les moyens de son père, maître de barque, ne lui permettent pas de suivre ces études alors centralisées à Paris. En septembre, il entre donc à l’école de Médecine navale de Brest pour devenir chirurgien, des études plus courtes. C’est à Brest qu’il apprend le 29 décembre le décès de sa belle-mère. Il se précipite à Douarnenez, mais il n’arrive que pour recevoir le dernier souffle de son père. Celui-ci n’avait que quarante-cinq ans mais il était usé par le travail et par son double veuvage.

 

A bord de la frégate Amazone

 

Jean-René est maintenant soutien de famille. Heureusement, un oncle maternel, Monsieur Belbeoc’h, l’encourage à poursuivre ses études et il repart pour Brest. La nécessité redouble son assiduité : en juillet 1838 il est, parmi les huit candidats, l’un des deux qui obtiennent une place d’élève interne en 1° année, et en octobre il remporte devant dix-sept  élèves de 2° ou 3° années la seule place de chirurgien mise au concours. C’est donc un chirurgien de 3° classe de moins de vingt et un ans qui embarque en 1839 sur la frégate Amazone. Pendant trois ans, celle-ci croise en Méditerranée. Le jeune homme exerce sous le contrôle d’un chirurgien-major de 1° classe et d’un chirurgien auxiliaire de 2° classe. Il pose son sac à l’hôpital maritime de Toulon en janvier 1842. Le cursus des chirurgiens suppose qu’ils s’exercent aux préparations anatomiques, mais, quelques semaines après son arrivée, il apprend qu’un concours de chirurgien de 2° classe est ouvert à Brest. Il obtient de s’y rendre à ses frais, et après avoir travaillé jour et nuit, il est reçu chirurgien de 2° classe en mai.

 

Médecin chez les ouvriers du port de Rochefort

 

Dans ce grade il est d’abord chargé des fonctions administratives à l’hôpital de Rochefort, une affectation que l’on appelle la prévôté. Jean-René trouve que l’hôpital de Rochefort, si célèbre au XVIII° siècle n’est plus au niveau de sa réputation  « L’extérieur de l’hôpital (…) est magnifique ; mais l’intérieur laisse beaucoup à désirer (…) Le service y est mal fait. (…) Les personnes de l’extérieur ont une entrée beaucoup trop facile à l’hôpital ; et quand même cet abus n’existerait pas, elles peuvent communiquer avec les malades, à travers un simple grillage en fer, ce qui occasionne souvent des excès en vivres et en boissons. » En novembre, on lui confie un service de quartiers «  Ce service consiste à faire de la médecine civile chez les ouvriers du port ; on consacre ses soins à tous les membres de leurs familles. (…) C’est assez instructif pour le jeune chirurgien, en ce sens qu’il a souvent à traiter les maladies des femmes et des enfants. »

 

Une campagne de 40 mois vers la Chine

 

A Rochefort, il peut rêver de voyages au jardin public, où l’on acclimate les plantes exotiques qui seront envoyées au Jardin des Plantes de Paris ; il  rêve aussi d’amour, puisqu’il a laissé à Quimper une fiancée, sa cousine Elisa. Enfin chirurgien-major, il embarque en janvier 1843 pour une campagne de quarante mois à destination de la Chine. L’Alcmène est une corvette de 32 canons, à l’équipage de 240 hommes. Comme il l’avait fait sur l’Amazone, il tient son Journal de Bord, ce à quoi tousles jeunes chirurgiens sont incités par leurs enseignants[1]. Les annotations sur la navigation et les lieux pittoresques visités y alternent avec les observations médicales. L’adage selon lequel la maladie est plus à craindre sur un navire de guerre que le combat y est bien confirmé : typhoïde, pneumonies, dysenterie, méningite, tétanos, scorbut, maladies vénériennes …  En moyenne, un dixième de l’équipage est immobilisé chaque mois. Cinq hommes d’équipage se sont noyés.

 

A la tête des Papeteries de l'Odet

 

Au retour de cette navigation Jean-René épouse sa cousine Elisa , et il  repasse (à trente ans !)un baccalauréat, en sciences physiques cette fois-ci, afin de bénéficier de la disposition qui autorise les chirurgiens de marine à présenter une thèse de médecine en faculté : celle-ci porte sur les nécessaires mesures d’hygiène lors des accouchements, souvenir probablement de son service auprès des familles d’ouvriers de l’arsenal. Il est donc reçu docteur en médecine en 1850. Ce n’est que vers 1860 qu’il prend la tête des Papeteries d’Odet : celles-ci avaient été créées en 1822 (Jean-René Bolloré avait alors quatre ans !) par Nicolas Le Marié, avec l’appui de son beau-frère Guillaume Bolloré, le père d’Elisa. Au décès des deux fondateurs, le Docteur Bolloré reprit la charge de l’entreprise à la tête de laquelle il resta jusqu’à son décès en 1881. En plus de son activité industrielle il continua à soigner les plus pauvres aux souffrances desquels il avait été sensibilisé à Rochefort. Aussi laissa-t’il le souvenir d’un homme de bien.

 

Texte écrit par Anne Bolloré-Laborde

 

 [1] Le Journal de bord de Jean-René Bolloré est dans la bibliothèque d’un de ses descendants, lui-même médecin. Son contenu, accompagné de notes de Gwenn-Aël Bolloré, a été édité par celui-ci en 1979. Notre adhérente, Anne Bolloré Laborde, l’a fait réimprimer. L’AAMP en tient un petit nombre à la disposition de ses membres.

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10 mars 2017

Le succès de la conférence sur le phare maudit de Tévennec

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Près de 90 personnes ont assisté à la conférence de Marc Pointud, à la Station de biologie marine de Concarneau.

 

Ce fut un véritable succès... Programmée par les Amis du Musée de la pêche, la conférence sur le phare maudit de Tévennec animée, le jeudi 9 mars, par Marc Pointud a attiré près de 90 personnes. Le président de la Société nationale pour le Patrimoine des Phares et Balises (SNPPB) a évoqué avec brio son séjour de 69 jours en solitaire sur l'îlot mythique du Raz de Sein (29). "Depuis 2011, par convention avec les Phares et Balises, nous avons pu engager un programme de restauration de la maison-feu de Tévennec construite en 1875", a indiqué le conférencier. "Nous n'avons toutefois obtenu aucun soutien financier du côté des institutions. Il a donc fallu se tourner vers le mécénat". L'enthousiasme de Marc Pointud lui a permis de convaincre trois commerces de la grande distribution, deux artisans couvreurs et deux tailleurs de pierre qui interviendront sur l'îlot, lorsque le problème du transport des matériaux sera réglé.   

 

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 Marc Pointud entouré des administrateurs des AAMP.

 

Classé en 4ème catégorie, le phare du Raz de Sein fut au départ gardienné par un seul professionnel qui, rapidement, n'en pouvait plus de solitude... et de peur, Tévennec étant réputé maudit. Au tout début du XXème siècle, alors que les Phares et Balises ne trouvaient plus de condidat pour tenir la maison-feu, des couples furent appelés à la rescousse. Le plus connu fut sans doute le couple Quéméré qui conçut trois enfants sur l'îlot, entre 1.900 et 1.905. Les époux terminèrent leur carrière sur l'île aux Moutons, dans l'Archipel des Glénan (29). Pas le moins du monde perturbé par la réputation tragique et mortifère de Tévennec, Marc Pointud a au contraire apprécié la vie dans un environnement grandiose. "Les lieux sont chargés en sensations. Probablement, parce que le site situé au bout d'une faille qui traverse le sud de la Bretagne, a un fort pouvoir tellurique. On se sent observé par la mer. C'est vrai que, seul, on peut être assailli par ses propres pensées".

 

Marc Pointud termine l'écriture d'un ouvrage de 160 pages, constitué de nombreuses photos, intitulé "Tévennec Rock", édité par Coop Breizh. La parution est prévue au dernier trimestre 2017. Prix de la souscription: 24 euros. Pour souscrire: www.pharesetbalises.org

 

 

 

 

 

06 mars 2017

Le coup de coeur littéraire de Pascal

La Korrigane de Concarneau

 

Maintenant que j’ai refermé la « Korrigane de Concarneau », je n’entrerai plus au Musée de la pêche sans jeter un coup d’œil là où son malheureux directeur a été retrouvé assassiné. Quelle bonne idée d’avoir situé cette intrigue policière originale et bien construite dans ces murs vénérables, parmi ces beaux objets austères et tranquilles que nous aimons! Stéphane Jaffrézic s’est très bien documenté et nous arpentons avec lui un Concarneau familier et pourtant différent. Jusqu’au dernier chapitre, nous partageons la perplexité du capitaine Moreau, de la PJ de Quimper, qui sera heureusement assisté par la fille-même de la victime, une Bretonne tenace comme on les aime. Un livre de 270 pages édité chez Alain Bargain que tout Ami du Musée de la pêche se doit d’avoir lu, bien sûr !  

 

Pascal Tocquec 

21 février 2017

Conférence de Marc Pointud sur le phare de Tévennec

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 Marc Pointud, président de la Société nationale du Patrimoine des phares et balises

 

 

L'association des Amis du Musée de la pêche organise, le jeudi 9 mars, à 18 h, au Marinarium, Place de la Croix, à Concarneau, une conférence sur le phare de Tévennec (29) intitulée "69 jours en solitaire sur le phare maudit de Tévennec". Elle sera animée par le Breton Marc Pointud qui y a séjourné seul, durant deux mois, du 28 février à début avril 2016. Il mettra en perspective l'histoire des phares en mer, sensibilisera à la protection du patrimoine maritime breton et, surtout, évoquera son aventure épique et dantesque à Tévennec.

 

 

Pratique: Réservation obligatoire au tél.02.98.97.10.20 (Musée de la pêche). 100 places maximum dans la salle de conférence du Marinarium.

 

 

 

 

 

30 janvier 2017

Regards sur l'histoire de la médecine navale

Ecrivaine et administratrice de l'association des Amis du Musée de la pêche, à Concarneau, Anne Bolloré-Laborde a visité en 2016 l'ancienne école de médecine navale de Rochefort, devenue musée. A partir de cette visite et de ses recherches personnelles, l'auteure a rédigé ce texte passionnant sur l'histoire de la médecine navale en France et, plus précisément, sur l'hôpital maritime de Rochefort.  

 

 

1 – Le lieu de naissance de la médecine navale

 

Au XVII° siècle, La France se dote, avec Colbert, d’une grande politique maritime. Les pays d’Europe s’affrontent maintenant sur la façade américaine de l’Atlantique ou dans l’Océan indien.

Les campagnes sont de plus en plus longues et les conditions sanitaires sont déplorables. Seul le capitaine dispose d’une cabine. L’entassement, une nourriture insuffisamment variée (scorbut), l’exposition à des fièvres nouvelles, comme la matelote (choléra) ou la maladie de Brest (typhus), contribuent à la mortalité.

1642 : ordonnance préconisant la présence à bord d’un membre de la corporation des  barbiers, praticiens dont le savoir-faire s’étendait aussi bien à la chirurgie et à la pharmacie qu’aux soins du système pileux.

1689 : les chirurgiens-barbiers doivent passer un examen avant leur embarquement. Leur profession reste cependant éloignée de la médecine.

A Rochefort, ville forgée de toute pièce de Louis XIV pour la marine de guerre [des hommes exceptionnels mettent en place le service médical de la marine.

  • à la fin du XVII° siècle, Antoine Gallot médecin principal de l’arsenal, incite les chirurgiens à suivre des leçons publiques de médecine.
  • vers 1720 Jean Cochon Dupuy organise des travaux pratiques au chevet des malades de l’hôpital.

En 1722 les ministres du Régent Philippe d’Orléans entérinent la création de l’Ecole de chirurgie et d’anatomie.

Deux autres écoles sont organisées sur le même modèle :

  • Brest : 1725
  • Toulon :1731.

Les conditions pour y être admis sont d’abord peu contraignantes, mais elles s’accroissent au fur et à mesure que la réputation de l’enseignement s’étend. Les écoles sont à l’origine de progrès dont les bénéfices dépassent la sphère maritime. Ils reflètent les grands débats intellectuels des Lumières et du XIX° siècle. Les écoles ne perdront leur suprématie qu’avec la réorganisation de la médecine civile.

On trouve à Rochefort un ensemble optimum de conditions :

  • des étudiants disposant de temps pour les études car déjà fonctionnaires (entretenus)
  • des lieux d’enseignement au sein même d’un hôpital ouvert à toutes sortes de malades (marins, bagnards, ouvriers de l’arsenal et leurs familles …)

 

L’hôpital maritime de Rochefort.

 

Les premiers hôpitaux, de quarante, puis de quatre cent lits, au cœur de la ville, sont remplacés par une unité moderne de 1 200 lits, inaugurée en1788, inspirée de l’hôpital maritime de Plymouth qui avait été érigé en 1765. Situé à l’écart de l’agglomération, son architecture permet à l’air et de la lumière de circuler. Une machine à vapeur l’alimente en eau potable (ce qui a nécessité de forer à 856 mètres de profondeur)

  • la présence des Filles de la Charité. Organisé par Vincent de Paul et Louise de Marillac cet ordre est la première communauté féminine non cloîtrée, les Soeurs se dédient au service des pauvres et des malades, secondant les médecins dans l’hôpital même.
  • l’observation de maladies endémiques (région de marais) et d’accidents dus à l’activité de l’arsenal

 

Rochefort Cimetière de la Flotte

 

Lorsque Colbert a convaincu Louis XIV d’asseoir son pouvoir sur les mers, le souverain avait choisi Rochefort pour implanter un arsenal en complément de celui de Brest.

Rochefort, situé, est à mi-chemin de Bordeaux et de Nantes, sur les bords navigables de la Charente. La région a été dépeuplée par les guerres de Religion, laissant la place libre aux projets du monarque. Mais, comme à Versailles ou à Marly, Louis XIV a passé outre aux inconvénients des marais : la ville est boueuse, touchée chaque été par le paludisme ; il y a peu d’eau potable.  Si l’on ajoute la présence de mille à deux mille bagnards, indispensables au halage des navires et au fonctionnement de l’arsenal (corderie, fonderie de canons, forme de radoub, entrepôts … ), et l’importation des fièvres tropicales par les navires revenus des Îles, on comprend que la mortalité soit particulièrement élevée à Rochefort.

La ville est qualifiée de Cimetière de la Flotte, et jusqu’au XX° siècle les officiers qui y sont affectés touchent une prime coloniale en compensation des risques sanitaires encourus.

  • la multiplication des fièvres tropicales introduites par les équipages de retour des Îles..
  • la fin de l’interdiction de procéder à des dissections
  • un jardin de plantes exotiques, dessiné en 1741, où sont acclimatées les espèces qui iront ensuite rejoindre le Jardin du Roi à Paris, qui est le terrain d’élaboration de nouveaux remèdes.
  • 1789 : les apothicaires formés dans les écoles de la marine prennent le nom de pharmaciens.
  • les chirurgiens sont appelés médecins de marine
  • 1803 : les chirurgiens de marine sont autorisés à en soutenir une thèse en faculté pour devenir Docteurs en médecine
  • 1824 : le baccalauréat (réorganisé en 1808) est exigé pour concourir pour les places d’élèves chirurgiens et pharmaciens.      

 

 

  • 1866 : les conditions d’admission à l’école de Rochefort sont alignées sur les facultés de médecine civiles

 

Quelques progrès que l’on doit à l’école de médecine navale de Rochefort :

  • Vers 1760 : premier hôpital à n’installer qu’un malade par lit, et à faire figurer au pied du lit une fiche récapitulative.
  • 1806 : première vaccination pratiquée en France
  • 1806 : acte fondateur de la chirurgie de la main : première résection d’un poignet
  • 1856 : observation du saturnisme (intoxications par le plomb qui s’étaient multipliées avec l’embarquement de machines à dessaler l’eau de mer comportant des pièces dans ce métal –

 

2 - L’officier de bord, un savant des Lumières

 

Les idéaux scientifiques du Siècle des Lumières (effort de compréhension du corps humain ; analyse de la diversité du monde) sont la base de l’enseignement

Est-il exagéré de dire qu’en 2016 l’enseignement de la médecine est toujours assis sur l’héritage de la médecine navale : FORMATION, SOIN, RECHERCHE ?

Au XIX° siècle, l’enseignement couvrait des champs plus larges que celui qui est dispensé de nos jours dans les facultés de médecine. Il ne doit pas y avoir « un officier de santé qui ne sache, au moins sommairement, sa botanique, sa chimie, sa physique ou sa zoologie. (L’école) transmet un état d’esprit, selon lequel connaître l’homme, ce n’est pas seulement maîtriser les rouages de la machine humaine, c’est aussi le replacer dans un espace et un temps qui doivent eux aussi devenir rationnels pour el faire entrer dans un univers que la science prétend alors expliquer dans un récit complet. »

 

3 - Sur les traces des étudiants du XIX° siècle

 

Situé à quelques centaines de mètres de l’hôpital, le pavillon de l’école de médecine navale abrite les fonctions de l’école, parfaitement restituées par la présentation muséale :

 

-        Rez-de-chaussée : AUTORITÉ  et REPRÉSENTATION. La salle des actes est venue remplacer en 1837 l’amphithéâtre transposé dans l’hôpital lui-même. Elle accueillait les leçons inaugurales des professeurs et les concours permettant d’accéder aux années supérieures, sous les portraits des anciens directeurs et professeurs. Une autre salle est celle du Conseil de santé, qui traitait les problèmes de salubrité sur les navires, comme dans la ville de Rochefort.

 

- Premier étage : LE SAVOIR LIVRESQUE. Longue de 30 mètres, la bibliothèque contient 25 000 volumes. La variété des fonds (anatomie, pharmacopée, botanique, atlas et récits de voyage, ethnologie,  théologie …) est impressionnante. Les administrations connaissant depuis toujours

 

-        des accès sporadiques d’économie, elle a été constituée par des moyens aussi divers que les confiscations révolutionnaires, ou une contribution financière régulière des étudiants.

 

L’une des tables serait celle du carré de la Coquille, la corvette commandée par Duperrey partie de Toulon en 1822, avec à son bord Dumont d’Urville et le chirurgien de Rochefort René-Primevère Lesson, pour une mission d’études en Océanie. On imagine les étudiants s’y installant avec les cahiers synthétiques de connaissances, rédigés à leur intention par le médecin-chef, et recopiés en autant d’exemplaires qu’il y a d’élèves.

 

-        Second étage : COLLECTIONS PEDAGOGIQUES  La salle appelée Musée ressemble à première vue à un cabinet de curiosités.

 

Au milieu de la salle une table de chirurgie de la fin du XVIII° siècle. Ici des  écorchés, plus loin des spécimens humains ou animaux présentant des malformations ; là plusieurs centaines d’instruments  répondant à la nécessité d’interventions différentes, mais devant souvent être remplacés par les compactes caisses de chirurgien embarqué, un kangourou, une autruche, des milliers de coquillages, des  minéraux, des armes d’Afrique et d’Océanie, un étonnant tapa, manteau tahitien de cérémonie en papier.

La variété est réelle, mais le désordre n’est apparent.

Chaque collection est constituée à des fins d’enseignement :

  • les préparations anatomiques font partie du cursus des étudiants
  • les embryons répondent à la nécessité de prendre position dans le débat sur l’évolution des espèces 
  • la collection de tétralogie ne répond pas au désir de faire peur ou de juger, mais à celui de comprendre.

 

Certes, les systèmes de classement en usage au XIX° siècle ont parfois été remis en cause : ainsi on classerait maintenant les coquillages selon les caractéristiques des mollusques et non suivant celles de leurs coquilles.

Les vitrines dédiées à tant de disciplines dialoguent entre elles dans une organisation porteuse de l’espoir que la science donnera une explication rationnelle du monde.

Les pièces exposées permettent de mieux comprendre ce qui était attendu des générations d’officiers de bord formés par l’école :

  • en 1691, le secrétaire général à la marine, demande « aux chirurgiens des vaisseaux qui feront des voyages au long cours de se charger des caisses de plantes qui leur seront données par ses correspondants pour les jardiniers des maisons royales. » S’il rentre un intérêt récréatif dans cette collecte de plantes (l’espèce des begonias est nommée à la même époque en hommage à l’intendant Bégon), elle a surtout pour but de faire progresser la pharmacie.
  • une instruction de 1827 encourage les savants navigants à pratiquer la zoologie « en ne se bornant pas à l’étude des formes (…), à la description (…) : elle a pour objet encore d’examiner leurs habitudes, leur développement, leur instinct, et de chercher s’ils peuvent être de quelque utilité. »

4  – le déclin de l’école de Rochefort

 

En 1890 l’école principale de santé des Armées ouvre à Bordeaux. L’école de Rochefort assure seulement la première année de médecine et deux années de pharmacie jusqu’à ce qu’elle ferme au milieu du XX° siècle.

Après des décennies d’abandon, le pavillon de l’école de médecine navale a été affecté en 1998 au Musée de la marine, déjà présent à l’hôtel de Cheusses. Il est ouvert chaque jour au public pour des visites guidées.

 

Le Musée de la Marine à l’hôtel de Cheusses : Ce logis avait été construit avant l’établissement de l’arsenal par le dernier seigneur de la châtellenie de Rochefort. Il est de ce fait un des seuls monuments de la ville antérieur à 1766. Il a été mis à disposition du Commandant de la Marine (qui pouvait voir la forme de radoub depuis l’alcôve de sa chambre). Rochefort est maintenant, avec Paris, Brest, Port-Louis et Toulon, une des cinq implantations du Musée national de la Marine

 

 

Anne Bolloré-Laborde

 

(Je remercie tout particulièrement Madame Dominique Daubigné qui m’a guidée dans la visite de ce lieu).

 


 

23 janvier 2017

Les Amis du Musée de la pêche préparent la saison 2017

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(de gauche à droite) Jacques, Aïcha, Pascal, Isabelle, Jacques Melon, Sophie, Sylvie, Michel.

 

Les Amis du Musée de la pêche préparent les prochaines animations de l'association. Ils tiendront une permanence au Musée, deux après-midi, mi-février, à l'occasion des vacances scolaires. Au programme: atelier de matelotage, visite guidée de l'Hémérica... et surtout convivialité (thé, café, gâteaux). Ils proposeront en outre, fin février-début mars, à la Station de biologie marine de Concarneau, une conférence agrémentée d'un petit film, animée par Lionel Feuillassier, responsable du Marinarium. Enfin, en partenariat avec la conservation, les administrateurs continuent de plancher sur le projet de numérisation du chalutier l'Hémérica. Une société spécialisée devrait bientôt être retenue afin de réaliser un travail qui sera présenté, au mois de juin 2017, au Musée de la pêche, pour les 60 ans du navire. Les Amis du Musée sont les principaux financeurs.

 

Le nouveau bureau est composé de : Isabelle Calvez, présidente; Jacques Maigret, vice-président; Annie Péron, trésorière; Michel Quentel, trésorier adjoint; Sophie Calvez, secrétaire; Jacques Melon, secrétaire adjoint, Aïcha Badou, membre chargée de la communication et de la promotion.